« La poésie va habiter la ville »

Article de info-dijon.com

DIJON : La Poésie va «habiter la ville» du 3 au 18 mars

28/02/2018 12:33

Du 3 au 18 mars, ce sera le Printemps des Poètes à Dijon. L’association dijonnaise La VOix des MOts et la Ville de Dijon s’inscrivent dans la démarche de la 20ème édition, à savoir, sur le thème de l’Ardeur, partager la poésie sous toutes ses formes. Frédéric Mougel, responsable artistique de La VOix des MOts, nous parle de ce Printemps de Poètes qui habitera Dijon durant une quinzaine de jours. Un Printemps dont les rendez-vous sont pour tout public et gratuits.

 

«Partager les poèmes sous toutes les formes possibles»
«C’est bien ça le Printemps des Poètes. Il y a beaucoup de lectures, des lectures surprises ou organisées, mais la lecture n’est pas suffisante peut-on dire. Parce que, tout d’abord, tout le monde n’est pas réceptif à une lecture.
Par contre, afficher des poèmes un peu partout, dans les magasins, dans les piscines, sur les voitures, dans les bibliothèques, dans les musées… Ça a du sens. Surtout que cette année nous aurons une identité visuelle qui sera la même partout.
Il y a plus de 300 magasins dans la ville qui participent à cette opération, sans compter les bibliothèques, les musées… Des poèmes seront aussi affichés ici ou là dans la ville, dans l’espace public, au dos des bus, sur les bornes Divia, au square Darcy dans de grands formats… Il y en aura partout avec le même visuel. Pour chaque lieu, ce sera un poème différent.
Partager des poèmes, c’est ça. C’est simplement les faire lire aux gens. Et il y aura des lectures, des rencontres avec des poètes vivants.»

 

Une dynamique amorcée l’année dernière
«L’an dernier, on avait commencé à afficher des poèmes et ça a beaucoup plu, ça a pris une belle ampleur. Cette année, des partenariats conséquents ont pu être développés. Tout le monde joue le jeu.
Nous avons développé tout cela bien en amont cette année et la Ville de Dijon est très fortement partie prenante dans le projet. On peut désormais vraiment dire qu’on fait le Printemps des Poètes à Dijon, et c’est une manifestation qui ne demande qu’à prendre de l’importance.»

Se réapproprier et voir différemment l’espace public
«Cette année, on dit que l’on va habiter poétiquement la ville. Du coup, on va s’arrêter devant les vitrines pour lire des poèmes, ou bien on va rentrer dans des lieux qui nous étaient inconnus, pour profiter de lectures… Sans oublier les surprises autour du mobilier urbain…
C’est par là aussi une autre manière de voir la poésie, et c’est surtout la rendre vivante. L’expérience de l’an dernier a montré que la dynamique allait au-delà de nos attentes puisque, au lieu d’afficher les poèmes une quinzaine de jours, il est arrivé à certains commerces de les laisser bien plus longtemps, plus d’un mois car ça plaisait à la clientèle.»

Raviver la poésie à l’école
«L’idée est de faire voir la poésie autrement à l’école. La poésie, ce n’est pas simplement apprendre les grands classiques. Il le faut évidemment, mais tout le monde ne les retient pas.
On va alors faire écrire les enfants. Des ateliers d’écriture se déroulent depuis le mois de janvier avec l’objectif de les faire participer à cette grande fête de la poésie. Leurs poèmes seront affichés et les ateliers donneront des restitutions, dans l’espace public et au sein des établissements scolaires.
Autour de l’école, à l’arrivée et à la sortie des enfants, on va leur souffler des poèmes, histoire de faire la transition entre l’école, la ville et la maison, via la poésie. On glissera des poèmes aux parents, des petites lectures pour leur souhaiter une bonne soirée.»

Le poème est-il dépassé ?
«On répond d’une manière très simple. Tous les poètes vivants, qui écrivent, dont les écrits seront affichés dans la ville, se sont inspirés des classiques. Les classiques, on les relit et ils sont toujours là. Après, dans le Printemps des poètes, on parle surtout de poésie contemporaine, parce que le but est de défendre la poésie vivante, la poésie qui se fait en ce moment.
Pour aller dans ce sens, on organise un Marché de la Poésie, le 10 mars pendant le Printemps des Poètes bien sûr. C’est une première, dont l’intérêt de mettre en avant les éditeurs de poésie d’ici. En Bourgogne-Franche-Comté, il y en a onze voire douze.
L’ambition était de réunir tous ces éditeurs et les auteurs. On va réussir ce premier Marché (rendez-vous le samedi 10 mars, de 10h00 à 18h00, place des Cordeliers).»

Deux jours de rencontres-lectures européennes
«Après le Marché de la Poésie, c’est l’autre temps fort de ce Printemps des Poètes. On a appelé ce rendez-vous «Exilés poétiques», en partenariat avec la Maison Rhénanie Palatinat.
Tzveta Sofronieva est bulgare, vivant à Berlin et ayant fait ses études aux Etats-Unis… Jose Oliver est d’origine espagnole, vit à proximité de la Forêt-Noire en Allemagne et a fait ses études en France… Marina Skalova est russe ayant fait ses études à la Sorbonne, ayant vécu à Berlin mais vivant aujourd’hui en Suisse italienne. L’occasion de leur donner carte blanche et d’échanger avec ces auteurs très européens et multilingues (rendez-vous les 15 et 16 mars, à partir de 19h30 à la Maison Rhénanie Palatinat).»

Propos recueillis
par Alix Berthier

pour Info-dijon.com

Leave a Reply

Your email address will not be published.